Lutter, dès le diagnostic de la maladie, contre la détresse de certains couples
Source : Couples'adjustment to breast cancer and benign breast disease : a longitudinal analysis – Northouse, Templin, Mood, Oberst (Detroit, Etats-Unis) in Psycho- Oncology 1998 vol. 7 pp 37-48.
Méthodologie :
Des chercheurs américains ont essayé d'évaluer l'angoisse ressentie par les deux membres du couple dans le cas de diagnostic d'une tumeur maligne. L'attitude de 58 couples où la femme était atteinte d'un cancer du sein a été comparée à celle d'un groupe témoin de 73 couples à tumeur bénigne. L'étude s'est déroulée sur une année à partir de la phase de diagnostic (après la biopsie) avec une première série de questions posée au bout de 60 jours.
Résultats :
Le niveau d'angoisse des couples est bien plus important quand la maladie est avérée (tumeur maligne). Ce phénomène apparaît dès l'annonce du diagnostic puis s'amplifie. Les malades, tout autant que leurs conjoints, éprouvent de plus en plus de difficultés dans leurs relations de couple ainsi que vis-à-vis de leur famille. On constate un effondrement de l'accompagnement social pour le conjoint de la patiente deux mois après le diagnostic. A ce moment, la femme a souvent entamé des traitements complémentaires après une éventuelle intervention chirurgicale. Le conjoint est alors perçu par le corps social davantage comme un soignant que comme une personne ayant, elle aussi, besoin de supports. Le niveau d'anxiété est moins important chez la femme atteinte de tumeur bénigne que chez son compagnon. A l'inverse, les femmes manifestent leur inquiétude plus que leurs maris quand elles se savent concernées par le cancer. Néanmoins, les chercheurs ont établi des correspondances très fortes dans le mode d'adaptation des couples. Plus de la moitié des couples qui éprouvent un fort stress à l'annonce du diagnostic sont dans le même état de stress au bout d'un an. Les chercheurs en déduisent qu'il existe des couples à risque. Dans ce cas, une intervention sociale et psychologique, si possible dans les deux mois après le diagnostic, permettrait aux deux partenaires d'être aidés pour surmonter leurs craintes.
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