L'accueil temporaire des personnes handicapées Enquête nationale 2001 : besoins et attentes
Rapport réalisé par le Centre d'études et d'actions sur les inadaptations et les handicaps (CREAI) de Bretagne sous le patronage du Secrétariat d'État aux personnes âgées et aux personnes handicapées.
L'enquête vise la population des aidants naturels des per-sonnes handicapées très dépendantes (taux d'invalidité de plus de 80 %). 2 600 questionnaires ont pu être exploités. 2/ 3 d'entre eux ont été remplis par les parents. 82 % des personnes handicapées vivent dans un foyer composé d'au moins deux personnes (la mère est présente dans 60 % des cas). Sur la totalité de l'échantillon, les personnes handica-pées sont prises en charge 20 % du temps sur une année par une institution spécialisée. La moitié d'entre elles fré-quente une institution de jour (et 20 % également une insti-tution de nuit) ; 17 % ont recours à des aides à domicile sur 30 % maintenues à domicile.
Les pratiques actuelles de l'accueil temporaire
Le Grath (Groupement de réflexion et réseau pour l'accueil temporaire des personnes handicapées) a recensé 900 places d'accueil temporaire réparties dans 150 établissements, soit un nombre nettement insuffisant par rapport aux besoins. La moitié des personnes interrogées déclare avoir déjà eu besoin d'accueil temporaire. Celui-ci répond plus souvent aux demandes de répit des aidants (36 % avec une durée moyenne de 3,9 semaines) qu'aux besoins liés aux projets de la personne handicapée (25 %) ou à l'indisponibilité de l'aidant principal (24 %).
La satisfaction par rapport aux solutions utilisées.
Pour les placements temporaires, les personnes handicapées et les aidants principaux ont principalement recours à des formules auxquelles ils sont familiers :
- établissement spécialisé habituel (37 %)
- entourage : grands-parents ou autres membres de la famil-le pour 32 % en moyenne, taux qui monte à 55 % pour les moins de 20 ans
- milieu hospitalier pour 22 % même si celui-ci ne satisfait pas près de la moitié des personnes interrogées. Dans 10 % des cas, la personne a dû être hospitalisée faute de solutions adaptées
- tierce personne (19 %)
- structures d'accueil temporaire ne viennent qu'en 5 e posi-tion (13 %) en raison d'absence d'offre à proximité et du manque d'adéquation. Ainsi 80 % des déficients du psy-chisme et des polyhandicapés ont été en situation de recours à une solution d'accueil temporaire contre 50 % des déficients visuels et 36 % des déficients auditifs.
Lorsque les solutions font défaut (pour 36 % des personnes interrogées), les conséquences sur l'entourage sont lourdes : vie sociale réduite dans la moitié des cas, renoncement aux temps de vacances de l'aidant dans 30 %, détérioration de l'état de santé et/ ou de l'équilibre psychique chez 1 aidant sur 5.
Les attentes en matière d'accueil temporaire.
Parmi les personnes interrogées, 35 % recherchent des solutions temporaires de jour et 28 % des solutions de nuit. Les demandes sont variées : week-end (19,5 %), semaine (22,5 %), vacances (31,2 %). Mais c'est avant tout le renforce-ment de l'aide à domicile qui est plébiscité, notamment par les plus de 40 ans. L'accueil en milieu ordinaire est la solution préférée pour les moins de 10 ans, ce qui montre leur souci d'intégration. Quel que soit l'âge, l'encadrement qualifié reste de loin la qualité prioritaire attendue d'une formule d'accueil tem-poraire (cité en premier par 23 % des personnes interrogées, devant les activités adaptées, la proximité et la souplesse).
Source : Agence Nationale de l'Accueil Temporaire des personnes Handicapées, novembre 2001, tél. : 02 97 65 11 99, www. anath. org 1