Heat-Related Deaths during the July 1995 Heat Wave in Chicago
Jan C. Semenza, Ph.D., M.P.H., Carol H. Rubin, D.V.M., M.P.H., Kenneth H. Falter, Ph.D., Joel D. Selanikio, M.D., W. Dana Flanders, M.D., D.Sc., Holly L. Howe, Ph.D., and John L. Wilhelm, M.D., M.P.H. New England Journal of Medicine 11 juillet 1996 vol.335 :84-90
La vague de chaleur qui a frappé Chicago du 12 au 16 juillet 1995 a provoqué 700 décès. Durant ces quelques jours les températures minimales et maximales, et l’humidité relative de l’air ont atteint des hauteurs extrêmes. Les centres de contrôle des maladies d’Atlanta ont cherché les facteurs de risques en interrogeant les proches, familles, voisins et amis de 339 personnes décédées et ils ont comparé avec un groupe de contrôle de 339 autres personnes. Les deux facteurs de risques majeurs étaient d’être alité et isolé. 16 % des morts étaient des personnes confinées dans leur lit, le risque a été multiplié par deux pour ceux qui vivaient seuls. Les conditions de vie ont joué un rôle important, puisque plus de la moitié vivaient dans de petits logements en haut des immeubles.
L’air conditionné a eu indéniablement un rôle protecteur, en réduisant de 80 % le risque de mort par coup de chaleur et défaillance cardiaque et de 66 % les décès dus à une défaillance cardiaque seule. D’après les auteurs le nombre de morts aurait été divisé par deux si les logements avaient été équipés d’installations d’air conditionné. En revanche les ventilateurs ne semblent pas avoir été efficaces.
Dans les facteurs de risques liés à la santé, les plus fragiles sont les plus âgés, les cardiaques, les insuffisants rénaux et les personnes souffrant de problèmes psychiatriques, et celles prenant des neuroleptiques. L’obésité ne semble pas avoir augmenté le danger, en revanche les personnes en dessous d’un poids normal ont été plus touchées.
Avoir une vie sociale et être entouré est de loin l’agent le plus protecteur. Sortir tous les jours, appartenir à un club suffisaient pour diminuer la mortalité. Même vivre avec un animal de compagnie a eu un effet bénéfique. Les auteurs ont constaté que vivre avec quelqu’un faisait que les personnes fragiles s’hydrataient et prenaient des bains rafraîchissant plus facilement. Ils soulignent que les services d’aide à domicile ont permis de diminuer la mortalité chez les personnes visitées quand la mairie de Chicago les avait chargé de transmettre des conseils simples de prévention. En conclusion, les auteurs estiment que ces services médicaux et sociaux ont l’opportunité pour faire passer des messages, en même temps qu’une information par les médias pour sensibiliser le public et favoriser des changements d’habitude.
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