Une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), réalisée en 2001 dans six provinces du Zimbabwe s’est concentrée sur 685 personnes âgées, s’occupant d’enfants de parents malades ou morts du sida.
L’étude souligne que les personnes âgées, parce non contaminées, sont souvent négligées à tort par la société dans le cadre de la lutte contre le sida. Pourtant leur contribution est essentielle dans le cadre de l’amélioration de l’accès aux soins du VIH/sida et du soutien aux patients. Le rapport recommande de reconnaître le rôle des personnes âgées, de les soutenir et rappelle que, si leur santé ou leur moral ne sont pas bons, elles ne pourront pas continuer à assurer les soins requis. D’où la nécessité d’investir dans les soins et le soutien à apporter à ces auxiliaires de vie pour améliorer sur le long terme leur capacité à venir en aide à leur famille et à leur communauté. « À m’occuper d’orphelins, j’ai l’impression de tout recommencer à zéro : je dois travailler dans les champs, nettoyer la maison, nourrir les enfants, acheter les uniformes pour l’école », explique un homme de 65 ans du district de Makoni. « Jamais je n’aurais pensé devoir refaire tout cela et je ne suis pas sûr d’en avoir encore la force. »
Une femme de 62 ans de Bulawayo, s’occupant de trois petits-enfants, résume les inquiétudes de la plupart des grands-parents : « J’ai si peur de ce que l’avenir réserve à ces orphelins. Qui s’en occupera si je viens à mourir ? » « En s’occupant de leurs enfants mourant du sida et de leurs petits-enfants orphelins - le capital humain de l’Afrique pour l’avenir -, les personnes âgées apportent une contribution immense sans le moindre soutien ni la moindre reconnaissance », soulignait le docteur Alex Kalache, quelques jours après la sortie du rapport de l’équipe OMS Vieillissement et qualité de vie.
Le rapport constate les principales difficultés rencontrées par les personnes âgées :
• Perte des moyens économiques lorsque les membres adultes de leur famille sont malades ou morts et ne donnent plus d’argent • Impossibilité de satisfaire les besoins essentiels : nourriture, vêtements, soins médicaux
• Accès limité aux services de soins en raison des difficultés de transport et du coût élevé des services
• Difficultés financières conduisant à l’impossibilité de régler les dépenses médicales ou scolaires
• Rejet et attitudes négatives de la part des agents de santé envers les personnes âgées comme envers celles qui vivent avec le VIH/sida
• Stress physique et émotionnel résultant d’une exposition accrue à la violence et aux abus, souvent en relation avec des accusations de sorcellerie
Source : « L’impact du sida sur les personnes âgées au
Zimbabwe », Organisation Mondiale de la Santé.