Attention-deficit hyperactivity disorder (ADHD) and problems in peer relations : predictions from childhood to adolescence
J. Am Acad. Child adolescence psychiatry, 40: 11, novembre 2001
50 à 80 % des enfants hyperactifs continuent de présenter les mêmes critères de diagnostic à l'adolescence. Pendant l'enfance, les difficultés relationnelles avec les camarades de jeu ou d'école découlent directement du comportement hyperactif. Qu'en est-il à l'adolescence, période pendant laquelle les amitiés comptent beaucoup ? Peut-on prédire l'évolution relationnelle de l'enfant hyperactif ?
Méthodologie
111 adolescents entre 13 et 18 ans diagnostiqués comme hyperactifs à l'enfance ont été com-parés à 100 adolescents n'ayant jamais présentés les symptômes. Il s'agit à 96 % de garçons. On a interrogé les adolescents, leurs parents ainsi que leurs enseignants sur les relations avec des jeunes du même âge. L'étude repose donc exclusivement sur des évaluations subjectives de la qualité des relations sociales avec d'autres adolescents. Mais on a pu croiser la perception des adultes (l'évaluation faite par les parents étant corroborée par celle des ensei-gnants) avec celle des adolescents.
Résultats
Les adolescents ne perçoivent pas de diffé-rence dans leur acceptation par leurs pairs, qu'ils aient été ou non des enfants hyperactifs. Par contre, leurs parents tout comme leurs enseignants considèrent que des ado-lescents avec un passé de TDAH sont plus souvent rejetés par leurs camarades. 11 % des parents d'enfants hyper-actifs considérent que leur fils n'a pas d'ami proche tandis que le pourcentage descend à 1% dans le groupe des parents d'adolescents sans antécédent d'hyperactivité. De plus, 45% de ces mêmes parents estiment que les amis ont une influence néfaste sur leur fils contre 28 % dans le groupe témoin (adolescent jamais diagnostiqué TDAH). Il faut dire que les adolescents qui ont présenté dans l'enfance des signes d'hyperactivité fréquentent des amis qui, selon leurs propres dires, sont moins souvent engagés dans des activités conventionnellesÉ mais qui ne se droguent pas pour autant plus que les amis du groupe témoin.
Conclusion
les enfants hyperactifs, même s'il ne pré-sentent plus de signes de la pathologie à l'adolescence, ont plus de chance d'être rejetés par leurs pairs que les autres adolescents. Quand des difficultés relationnelles sont patentes dans l'enfance, elle ne disparaissent pas nécessairement avec les symptômes de la maladie. D'où l'importance de prendre en compte les séquelles sociales à long terme du TDAH au-delà des indications strictement médicales.
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