Sharon Foy, Karen Rose. European Journal of Oncology Nursing 5 (1), 42-48. 2001 Harcourt Publisher
Peu d’études se sont intéressées aux réactions du compagnon d’une femme atteinte d’un cancer du sein, que ce soit lors de l’annonce du diagnostic, et surtout lors d’une rechute, constatent Sharon Foy et Karen Rose dans leur revue de la littérature scientifique.
Le rôle du partenaire n’est pourtant pas négligeable. Les travaux de Lichtman (1987) montrent qu’une femme qui se sent soutenue par son partenaire, affronte beaucoup mieux la maladie. A l’inverse, une attitude négative de celui-ci a une influence néfaste sur le comportement de la femme. Selon l’étude de Douglas et son équipe (1997), les couples déjà unis, sont renforcés dans l’épreuve et se soutiennent mutuellement. C’est donc bien le couple qu’il faut prendre en considération, l’encourager à discuter. Or, l’homme n’est pas toujours en état d’être un soutien efficace, car il peut être plus éprouvé psychologiquement que la patiente.
Le moment de l’intervention chirurgicale est particulièrement difficile pour le compagnon : au stress de l’hôpital s’ajoutent des responsabilités inhabituelles pour lui. Il lui faut prendre en main, seul, l’organisation du foyer familial. La sortie de l’hôpital n’est pas un moment plus facile. Il y a des risques de tension et de conflit. L’homme est soulagé lorsqu’il constate que sa compagne peut reprendre son rôle. Pour lui c’est un retour à la normale. La femme, elle, ne peut oublier l’impact du cancer du sein sur sa vie. Elle ressent un besoin de changer de style de vie, pas toujours facile à comprendre pour son compagnon. La reprise de la vie sexuelle n’est pas si simple pour l’homme. Certains déclarent être rebutés pas la cicatrice, ou craindre de faire mal à leur partenaire. Ils gardent le plus souvent le silence. En même temps, ils ont tendance à nier leurs propres problèmes pour protéger leur compagne.
Les hommes se sentent délaissés par le personnel soignant. Ils sont souvent de bonne volonté pour soutenir leur compagne, mais ne savent comment faire. Incontestablement les infirmières ont un rôle à jouer pour les aider, tant à devenir un soutien efficace, qu’à faire face à leurs propres problèmes. Et ce rôle n’est pas aisé. Certains hommes ne souhaitent pas se confier à une infirmière ou à un étranger, estimant que leurs sentiments ne peuvent être compris. Des couples ne sont pas prêts à une communication ouverte, et les encourager à tout se dire peut au contraire aggraver les souffrances. En conclusion les auteurs déplorent le manque de recherche sur les réactions du partenaire, et le manque de travaux théoriques qui devraient guider les infirmières pour aider efficacement le couple dans des situations diverses et complexes, et éviter des interventions inappropriées.