(Allo maltraitance personnes âgées) située à Albi a pour objectif d'avoir une communication efficace pour traiter les situations, en plus de la traditionnelle mission d'écoute téléphonique impartie aux bénévoles de l'association. La marge de manoeuvre est étroite car « Alma ne cherche pas à se substituer aux familles afin de maintenir leur autonomie. Un des moyens de gérer la culpabilité est d'ailleurs de responsabiliser l'aidant » explique N. Moguen, coordinatrice. La démarche nouvelle est « d'aider les professionnels à prendre les meilleures décisions dans l'intérêt de la personne âgée ». Pas simple quand on aurait parfois envie de se plaindre auprès des services sociaux ou au Procureur de la République. C'est le cas de cette nièce qui veut confisquer les bijoux à sa tante, résidant en institution mais ne présentant pas de graves troubles de jugement ; le directeur de la maison de retraite, alerté par son person-nel, hésite à intervenir. Alma Tarn conseille tout simplement d'acheter une boîte à bijoux qui ferme à clé afin que la vieille dame puisse conserver dans sa chambre des objets qui lui sont chers ... sans risque de vol. Depuis novembre 2002, Alma Tarn a ainsi mis en place un partenariat avec une vingtaine de maisons de retraite sur les 60 à 80 situées dans le Tarn. Ce partenariat marque une évolution sensible des mentalités. « Au lieu d'être regardé comme un organisme de coercition, Alma commence à être considéré comme un partenaire » se félicite Christian Collin, coordinateur au siège d'Alma France.
L'association Solres 92, créée en novembre 2002 et bénéficiant entre autres du soutien du Conseil Général des Hauts-de-Seine, a pour ambition d'aller encore plus loin dans la démarche. Son dispositif s'adresse aux professionnels intervenant auprès des personnes âgées à domicile ou en établissement. Des sessions de sensibilisation à la bientraitance sont organisées depuis le mois de mai dans les services qui en font la demande (les 25 formations prévues pour 2003 sont déjà toute retenues). Autre axe de développement : le conseil. Un comité technique pluridis-ciplinaire (gériatre, psychiatre, travailleur social, médiateur, juriste) passe en revue les situations présentées et répartit les rôles de chacun. Il oriente et coordonne l'action des professionnels souvent dépourvus quand ils doivent résoudre seuls une situation de maltraitance en famille. « Grâce à cet accompagnement, on peut en général trouver des solutions de médiation beaucoup moins traumatisantes que les procédures judiciaires, réservées aux situations les plus extrêmes » explique Sylvie Tounsi, coordinatrice de Solres 92. La création d'une cellule d'accueil téléphonique sur l'Ile-de-France employant exclusivement des psychologues est aussi en projet avec Age Alma dans l'Essonne. Une chose est sûre : la lutte contre la maltraitance se professionnalise.
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