La journée du « travail invisible » a été lancée en 2001 au Canada. Au départ, il y a un mouvement féminin qui milite depuis longtemps pour la reconnaissance du travail à domicile, l’association « femmes en mouvement », issue des mouvements catholiques. De la reconnaissance du travail féminin à la maison et dans l’éducation des enfants, le mouvement a suivi une évolution : désormais il englobe aussi les hommes, et demande une reconnaissance du travail familial auprès d’une personne âgée ou en perte d’autonomie. En 1992, Statistiques Canada estimait la valeur annuelle du travail non rémunéré entre 34,0 % et 54,2 % du Produit intérieur brut (PIB), soit de 235 à 374 milliards de dollars canadiens (incluant le bénévolat). Lors de la création de la « Journée du travail invisible », l’Afeas (Association féminine d’éducation et d’action sociale) avait comme objectif de faire reconnaître le travail non rémunéré, dit « invisible », comme un apport essentiel à la société canadienne.
Pour sa quatrième édition, en avril 2004, la Journée a marqué le début d’une grande campagne de lobbying, en profitant des consultations gouvernementales pour faire connaître la position de l’Afeas : elle demande des prestations tant pour les parents au moment de la naissance ou de l’adoption d’un enfant que, pour les aidantes et aidants qui s’absentent du marché du travail pour aider leurs proches. La loi sur l’assurance parentale vise actuellement les seules personnes qui cotisent sur leur salaire. L’Afeas demande que soient instaurées des prestations universelles parentale et d’aide aux proches. Des prestations équivalentes à 70 % du salaire minimum en vigueur pour une semaine de 40 heures, soit 208,60 dollars canadiens par semaine. « Pour l’Afeas, ces prestations, tout en reconnaissant le travail de toutes les personnes qui l’effectuent, assurent l’équité entre celles qui ont un revenu d’emploi et celles qui n’en avaient pas au moment de donner naissance ou d’aider un proche » a reconnu une motion votée lors du congrès de l’association cet été.
www.afeas.qc.ca
REPÈRES
• Selon le Recensement de 2001, 4,2 millions (18,2 % des Canadiens) apportent régulièrement du soutien à un aîné.
• Statistiques Canada estime que 70,5 % des aidants masculins et 46,8 % des aidantes travaillent à temps plein. A cela s’ajoutent 15,3 % de proches de sexe féminin qui ont un travail à temps partiel.
Rapport canadien www.cfc-swc.gc.ca/ (Publications)