M. André Flageul, Président de l’UNASSAD
Les associations adhérentes à l’Unassad interviennent-elles majoritairement auprès de personnes malades ou dépendantes ?
La majeure partie des 1200 adhérents concerne l’aide à domicile (aide à la toilette, ménage, courses, garde…). Mais 200 services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) sont également membres de notre union. Il faut bien distinguer l’aide (qui ne nécessite pas de personnel médical ou paramédical) et les soins (apportés au minimum par une aide soignante, sous le contrôle d’une infirmière coordinatrice et sur prescription médicale). Mais l’Unassad peut fournir les deux. S’adresser à un seul organisme prestataire est un élément de confort complémentaire pour les familles. Dans les faits, nous intervenons pour tout type de population. Mais compte tenu du vieillissement de la population, nous travaillons de plus en plus auprès des personnes âgées. Nous estimons que nous aurons besoin de deux fois plus de places en SSIAD dans les cinq prochaines années et de doubler les heures d’aide à domicile.
Percevez-vous une réticence des familles à faire appel à des organismes d’aide ?
Dans les faits ce sont les familles qui dans 80 % des cas déclenchent la demande d’aide pour la personne fragilisée en raison de l’âge, d’un handicap ou de la maladie. En général, une fois que la décision est prise (souvent au bord de l’épuisement), la famille ne revient pas sur la nécessité d’une aide extérieure. Au contraire l’entourage est soulagé d’être déchargé d’actes techniques qui court-circuitaient la relation affective (comme l’aide à la toilette par exemple). Nous encourageons les proches à être présents pour le soutien affectif plus que logistique. Cette remise en place des rôles de chacun permet aux aidants naturels de déculpabiliser et de souffler un peu. Et puis confier l’aide à un prestataire décharge la famille de la gestion administrative des contrats ainsi que de la nécessité de faire remplacer l’auxiliaire en cas de vacances ou de maladie ou encore en cas de relations conflictuelles.
Comment les associations assurent-elles la coordination entre les professionnels de l’aide et la famille ?
Quand une de nos associations est appelée, une responsable de secteur se déplace au domicile pour préconiser un plan d’intervention. Elle vérifie le consentement de la personne aidée mais discute aussi avec la famille et le voisinage pour faire le point sur le type de prise en charge. Par exemple, il est important de savoir si la famille souhaite prendre le relais le week-end ou si elle sera présente le soir pour coucher la personne dépendante qui vit seule. La visite dure environ 2 heures et doit permettre de recueillir le maximum d'informations sur la personne, tant au niveau de ses incapacités, de ses déficiences que de ses habitudes de vie ou de son propre ressenti de la situation. Cette démarche d'évaluation est primordiale pour l'élaboration du plan d'aide. L'Unassad propose d'ailleurs à son réseau une démarche d'évaluation spécifique (DESIR) basée sur l'écoute et la négociation avec la personne, c'est un véritable enjeu pour la personne aidée, son entourage et les professionnels intervenants. Il y a là un engagement éthique fort au sens d'une responsabilité pour autrui. Si l’état de santé d’une personne se dégrade, c’est en principe l’auxiliaire de vie sociale qui s’en rend compte en premier et alerte sa responsable ainsi que la famille. La formation au nouveau diplôme d’auxiliaire de vie sociale insiste sur le travail en équipe avec les autres intervenants (y compris la famille). La plupart ont bien intégré l’importance de la communication et ont acquis de bons réflexes. 30 % des employées de maison qui sont passées en juillet 2003 devant le jury de validation des acquis de l’expérience ont obtenu leur diplôme d’auxiliaire de vie sociale.
|