L'animal de compagnie bénéficie d'une association d'information et de recherche : l'AFIRAC, dirigée par Jean-Luc Vuillemenot. Véritable observatoire des expé-riences pilotes menées en France, l'association a donné naissance en 1999 à un Groupe de recherche et d'étude sur la thérapie facilitée par l'animal (Gretfa).
Un animal peut-il faire partie intégrante de l'entourage d'une personne malade ?
Je limiterai mon propos aux chiens et aux chats, capables de communiquer à la fois avec leur espèce et avec l'espèce humaine. En particulier le chien est un lecteur très pertinent de la communication non verbale, ce qui induit une grande richesse comportementale. Une personne malade peut s'entourer d'un animal de compagnie à condition de respecter deux conditions. Premièrement, il faut veiller à ce que la présence de l'animal ne devienne pas un handicap supplémentaire. Deuxièmement, il convient de respecter les exigences de base en matière de santé et de sécurité. Selon les vétérinaires, les risques sanitaires sont faibles sauf en cas de maladie immuno-dépressive. En fait, tout dépend de ce que la personne malade a investi affectivement sur l'animal.
Dans quelle mesure un animal de compagnie peut-il aider son maître atteint d'une maladie ?
Il faut distinguer l'animal de compagnie classique du chien d'assistance spécifiquement formé pour remplir une mission auprès du malade. Dans tous les cas, pour reprendre les observations du Pr Hubert Montagner sur les liens entre les enfants et les animaux, la confrontation à l'animal libère l'intelligence. Pour les personnes atteintes de sénilité, l'animal comble la situation d'isolement. Pour le malade Alzheimer, une posture de l'animal peut provoquer des réminiscences... alors même que la personne ne reconnaît plus ses proches. En effet la communication se fait en dehors du langage via des canaux émotionnels, tactiles, visuels, olfactifs... et touche le cerveau archaïque. Les patients en fin de vie bénéficient également de la présence d'un animal. Un chef de service d'un service de gériatrie au CHU de Nancy rapportait qu'un des chats libres, qui vivent dans les jardins des hôpitaux, prenait l'ascenseur pour s'étendre de tout son long sur le lit d'une patiente en soins palliatifs. Et il s'arrêtait toujours au même étage pour rejoindre la malade. En ce qui concerne les chiens d'assistance, on peut saluer le travail remarquable effectué à l'Anecah (Association Nationale d'Education du Chien d'Assistance pour personne Handicapée). Quand ils ne sont pas aptes au service auprès des personnes handicapées, ces chiens (goldens et labradors) peuvent être éduqués afin de répondre à d'autres indications. C'est le cas de Léon, chien qui a été introduit dans une unité de long séjour du CHU de Nantes. Les personnes dépendantes étaient invitées à caresser le chien, à le brosser... avec des effets spectaculaires sur certains résidents fermés jusqu'alors à toute forme de communication. Le chien sert alors de médiateur au kinésithérapeute ou à l'aide-soignante.
Pouvez-vous citer des exemples où l'animal de compagnie a joué un rôle positif auprès de l'aidant familial ?
Un chien avait été éduqué pour solliciter les mouvements d'une petite fille dénommée Perle qui présentait des caractéristiques proches de l'autisme. Le chien a aidé l'enfant en tant que « cothérapeute » du kinésithérapeute qui intervenait à domicile. Mais il avait aussi une fonction d'alerte auprès de la maman qui a ainsi pu relâcher par moment son attention. Quand l'enfant avait des postures plaintives, le chien allait avertir la mère. De même que l'animal est un outil complémentaire au développement de l'enfant, il peut intervenir auprès d'un malade de manière complémentaire à la prise en charge strictement médicale. Le but de l'activité associant l'animal est d'améliorer les fonctions humaines aux plans physique, social, émotionnel et/ ou cognitif.
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