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CANICULE
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CANICULE ET MALADIES CHRONIQUES, QUI EST A RISQUE ?

Les personnes souffrant de certaines pathologies chroniques sont particulièrement fragiles en cas de canicule. La chaleur est un facteur pouvant aggraver une maladie ou contribuer à la déclencher.
 

Des maladies comme le diabète, l’insuffisance respiratoire (asthme, bronchite chronique) ou rénale peuvent s’aggraver en cas de déshydratation.
 

La chaleur peut aussi perturber les personnes souffrant de maladies psychiatriques, de maladies cardiovasculaires, de séquelles d’accident vasculaire cérébral, de maladies cérébrales dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer ou de maladies neurologiques comme le Parkinson.
 

Enfin, certaines personnes traitées par des psychotropes ou des anti-inflammatoires ou porteuses d’affections handicapantes, sont aussi fragiles.
 

Dans tous les cas, dès lors que vous vous éloignez pour quelques jours du domicile avec votre proche malade, pensez à prendre avec vous les coordonnées du médecin traitant et la dernière ordonnance correspondant au traitement actuel.

 
 
Les pathologies à risque

o Personnes présentant une pathologie cardio-vasculaire
 

En cas de fortes chaleurs, veillez à ce que la personne ne fasse pas d’efforts importants (monter des escaliers, porter les courses, soulever des charges) ni de sport.
 

Evitez les sorties inutiles et s’il doit se déplacer, proposez à votre proche de l’accompagner.
 

A titre préventif, l’avis du médecin ou du cardiologue est précieux. Ils connaissent précisément son état de santé et sauront donner les conseils et les mesures complémentaires pour adapter les doses de médicaments (diurétiques, anti-hypertenseurs) et les apports en sel.
 

En cas de canicule, vous devrez être attentif aux signes cliniques de déshydratation (voir page x) et d’hypotension (vertige, sensation de dérobement des jambes).
 

 
 

o Personnes présentant une pathologie respiratoire : asthme, insuffisance respiratoire, bronchique chronique
 

Aux vagues de chaleur sont souvent associés des pics de pollution (pic d’ozone). Ces concentrations trop fortes en polluants atmosphériques peuvent entraîner des rhinites, des toux, des essoufflements, des malaises. La pollution de l’air abaisse le seuil de déclenchement des crises chez les asthmatiques.
 

Veillez à éviter les sorties et les activités sportives pendant les heures les plus chaudes, les activités conduisant à manipuler des solvants, en particulier de la peinture.
 

Restez vigilant à l’apparition de signes comme la toux, la rhinite, gêne respiratoire, irritation de la gorge ou des yeux…
 

Chez la personne insuffisant respiratoire, l’apport hydrique est très important car il permet de maintenir les sécrétions respiratoires fluides qui seront ainsi plus faciles à éliminer. En cas de canicule, la consommation d’eau est encore plus importante. Vous devez veiller à faire augmenter sa consommation.
 

Si la personne est sous oxygénothérapie, sachez que l'oxygène liquide ou gazeux n'est pas un produit dangereux même en cas de fortes chaleurs ou de canicule. Seule précaution : ne pas laisser les réservoirs ou les bouteilles à des températures supérieurs à 50°C (ex : dans le coffre d'une voiture stationnée en plein soleil).
 

 
 

o Personnes ayant une pathologie rénale
 

La déshydratation consécutive à une canicule augmente le risque de survenue d’infections urinaires et de crises de colique néphrétique (calcul rénal), et peut aussi aggraver une insuffisance rénale. Augmentez les apports hydriques (voir page x).
 

Les insuffisants rénaux devront faire surveiller l’état de leur fonction rénale par leur médecin. Soyez attentif en cas de signes de fatigue inhabituels.
 

Recommandez aux personnes dialysées (à domicile, par hémodialyse ou dialyse péritonéale) de se rapprocher de leur néphrologue. Elles devront être vigilantes et faire contrôler leur poids et leur pression artérielle.
 

 
 

o Personnes atteints de la maladie d’Alzheimer ou de troubles cognitifs
 

Chez ces malades, la mémoire immédiate s’enfuit, leurs repères affectifs sont ceux d’un âge précédent (une personne de 75 ans peut croire en avoir 40, en cas de doute, demandez-lui son âge). L’environnement quotidien peut sembler lui devenir hostile : pourquoi me propose-t-on ce verre d’une étrange couleur ? pourquoi me demande-t-elle de boire ?
 

Il va donc falloir que vous fassiez preuve de patience et d’ingéniosité pour proposer à la personne des repères familiers et aimés, qui vont servir d’ancrage positifs à des relations simples, remplies d’humanité, où le regard, les paroles positives, le toucher vont venir rassurer et accompagner vos gestes nécessaires à la vie quotidienne autour des repas (prise de boissons) et de la toilette.
 

Chez les personnes atteintes d’un déficit cognitif comme la maladie d’Alzheimer, la première conséquence est la perte de la mémoire récente (et en plus la perte de la sensation de soif !). L'appel téléphonique de l'auxiliaire de vie, d’un proche ou de toute autre personne pour lui rappeler de boire en cas de canicule ne sert à rien sur ce type de dépendance.
 

Il faut prévoir le déplacement sur place plusieurs fois par jour d'une personne qui veillera à ce que la personne boive effectivement la quantité d’eau nécessaire.
 

 
 

Souvent, les malades d’Alzheimer éprouvent de la difficulté à réaliser plusieurs tâches simples en même temps (c’est l’incapacité d’attention divisée ) : écouter des informations en préparant le repas par exemple. Pour que le repas ou la prise de boissons se passe sereinement, vous allez éviter tout brouillage sensoriel (radio, TV…). Vous pouvez aussi disposer autour de la personne des objets, des photos… qui lui tiennent à cœur.
 

Pour les personnes désorientées, la toilette peut parfois tourner au cauchemar. Pour la rafraîchir, vous devrez accompagner vos gestes par des paroles positives (je suis là, en ami, nous allons passer un bon moment, un peu de fraîcheur c’est agréable, …), avec douceur, il va s’agir de vous adapter à l’angoisse ressentie et tenter de l’apaiser.
 

 
 

o Personnes souffrant de troubles mentaux et/ou consommant des psychotropes (dépression, schizophrénie)
 

Les personnes souffrant de dépression ou de schizophrénie sont plus vulnérables en cas de fortes chaleurs, car les neurotransmetteurs entrant en jeu dans ces deux pathologies sont impliqués dans la régulation de la température interne. Cela peut conduire à des comportements inappropriés.
 

Il sera utile de leur rappeler les consignes de protection : limiter les efforts physiques, faire attention à la tenue vestimentaire, éviter l’exposition au soleil, augmenter les boissons…
 

Les médicaments comme les neuroleptiques, les sels de lithium, certains antidépresseurs sont susceptibles d’altérer l’adaptation de l’organisme à la chaleur.
 

 
 

o Personnes atteintes de la maladie de Parkinson
 

Ces personnes sont particulièrement sensibles aux effets de la déshydratation et présentent une capacité d’adaptation moindre. En cas de déshydratation, le risque de malaise lié à la baisse de tension artérielle est augmenté. D’autres signes sont aussi à surveiller : l’aggravation de la constipation et l’augmentation de la fréquence des infections urinaires.
 

Vous devez être vigilant et veiller à prévenir ces problèmes en assurant une hydratation suffisante régulière, notamment le matin.
 

Faites maintenir les activités motrices et la rééducation pendant ces périodes afin de ne pas perdre en autonomie. Cette rééducation doit évidemment être adaptée à la température ambiante et les activités motrices effectuées pendant les heures les moins chaudes.
 

Un autre risque chez une personne traitée pour un Parkinson est le surdosage en médicaments dans le cas d’un dysfonctionnement rénal consécutif à une déshydratation.
 

Dans tous les cas, prévenez tout risque de déshydratation et faites respecter scrupuleusement les horaires et la posologie des médicaments établis par le médecin traitant ou le neurologue.
 

 
 

o Personnes épileptiques
 

Des crises d’épilepsie peuvent survenir dans des cas d’hyperthermie. Les conséquences d’une crise d’épilepsie peuvent être plus importantes chez les personnes âgées pendant cette période, car elles sont confuses et ne peuvent plus s’hydrater normalement. Dans ce cas, assurez-vous que l’hydratation est suffisante, sinon faites appel à un médecin ou au service d’urgence pour assurer l’hydratation par voie veineuse ou sous cutanée.
 

Un autre risque chez une personne épileptique est le surdosage en médicaments dans le cas d’un dysfonctionnement rénal consécutif à une déshydratation.
 

Dans tous les cas, prévenez tout risque de déshydratation (voir page x).
 

 
 

o Personne sous chimiothérapie
 

Pour les personnes sous chimiothérapie, deux recommandations sont importantes à connaître :
 

- l’hyperhydratation est très importante (il faut faire boire beaucoup, encore plus que les apports recommandés en cas de chaleur) juste avant et après le traitement.
 

- en cas de fièvre, vous devez prévenir immédiatement le médecin qui suit le traitement. Une déshydratation consécutive à la chaleur peut entraîner des complications de surinfection.
 

Pour les personnes sous radiothérapie, les conseils de précaution sont les mêmes que ceux recommandés en période estivale : éviter l’exposition au soleil et les piqûres d’insectes.
 

 
 

o Personnes diabétiques
 

Chez les personnes présentant un diabète de type 2, la déshydratation consécutive à de fortes chaleurs entraîne une augmentation rapide de la glycémie. Ce processus peut rapidement aboutir au coma et met en jeu le pronostic vital de la personne.
 

En cas de canicule, vous devez veiller à multiplier les contrôles glycémiques. Vous devez assurer une bonne hydratation, en évitant les boissons sucrées et les jus de fruits. Enfin, faites vérifier auprès du médecin un éventuel réajustement du traitement (insulinothérapie renforcée).

 
 

o En cas d’infections, de fièvre, de diarrhées ou de vomissements
 

Les diarrhées, les vomissements et la fièvre augmentent les pertes en eau.
 

Dans ce cas, vous devez veiller à faire compenser au maximum ces pertes en augmentant l’apport liquidien (voir conseils pour s’hydrater). Si les troubles persistent, il faut demander une consultation médicale d’urgence.
 

La prévention de l’infection consiste en une hydratation suffisante et une bonne alimentation, ceci étant d’autant plus important en période de canicule.
 

Soyez attentif aux infections urinaires qui sont plus fréquentes en période de fortes chaleurs, et aux infections cutanées, en particulier si la personne souffre d’escarres.

 
 
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