Dans la mesure où LLC et LMC répondent à des mécanismes différents, les traitements ne sont pas les mêmes.
Traitements de la leucémie lymphoïde chronique
- La chimiothérapie
Lorsque qu’une LLC se complique (anémie, baisse des plaquettes, augmentation du volume de la rate, etc.), la chimiothérapie reste le traitement le plus utilisé. Il s’agit généralement de cures de chimiothérapie moins intensives que dans le cas d’une leucémie aiguë. Le traitement s’effectue en hôpital de jour. Les effets secondaires ne sont pas majeurs. Depuis une quinzaine d’années d’ailleurs, de nouveaux médicaments sont utilisés : ils n’entraînent pas la chute de cheveux et peuvent être administrés en mono ou en plurithérapie.
- L’immunothérapie
Les progrès de la médecine ont permis de mettre au point des thérapeutiques ciblées qui combattent les tumeurs malignes sans être dommageables pour les cellules saines. Dans le cas de la LLC, l’injection d’anticorps monoclonaux (on parle alors d’immunothérapie) permet d’éliminer les cellules malades, du sang.
- La greffe
L’autogreffe (réinjecter au patient des cellules souches qui lui ont été prélevées auparavant dans le but de l’aider à supporter une nouvelle cure de chimiothérapie très intensive) est très peu utilisée dans le cas de LLC.
En revanche, l’allogreffe consiste à prélever des cellules souches dans la moelle osseuse d’un donneur. Il peut s’agir d’un membre de la fratrie du malade chez lequel on a vérifié la compatibilité (une chance sur quatre) ou d’une personne s’étant inscrite sur le fichier national des donneurs de moelle et qui après examen se révèle compatible. Ces cellules saines vont très rapidement coloniser la moelle du patient. Mais il peut y avoir une réaction du greffon contre l'hôte (GVH, complication la plus fréquente) : les cellules du donneur, en l’occurrence les lymphocytes, s’attaquent aux autres organes du patient, en particulier la peau, le foie et le tube digestif. Reste que chez le sujet âgé, la greffe se révèle un traitement très toxique, d’autant plus qu’une allogreffe nécessite au préalable une chimiothérapie très intensive dite de conditionnement. « Jusqu’à présent, explique le professeur Gilles Salles, nous ne pouvions faire bénéficier les patients âgés d’une greffe. Le bénéfice-risque ne leur était guère favorable. Mais désormais, nous pouvons leur proposer, dans certains cas, une mini-allogreffe. » Nettement moins toxique, cette dernière ne vise plus à éliminer totalement la moelle malade mais plus à la préparer à recevoir un greffon. C’est la réaction immunologique qui va ensuite aider au traitement de la leucémie.
De manière générale, l’arsenal thérapeutique de la leucémie lymphoïde chronique reste donc assez varié. « Le problème avec la LLC, constate tout de même Gilles Salles, réside dans le fait que l’efficacité des traitements a tendance à diminuer dans le temps. Mais nous avons une grande panoplie de traitements à utiliser au fur et à mesure. La prise en charge de la LLC se fait sur le long terme. » Et l’hématologue de l’hôpital Lyon-Sud d’ajouter : « Il ne faut pas oublier non plus que deux tiers des patients atteints de LLC en sont au stade A, ils n’ont donc pas besoin de traitement. »
Traitements de la leucémie myéloïde chronique
- La chimiothérapie
Jusque dans les années 90, le traitement de prédilection de la LMC résidait en un savant dosage entre cures de chimiothérapie et injections d’interféron (substance fabriquée par l’organisme, et ayant des propriétés antivirales et anticancéreuses). Mais ce traitement peut entraîner des effets secondaires non négligeables. En effet, il peut y avoir un réel problème de tolérance dans la mesure où les injections d’interféron engendrent des symptômes identiques à ceux de la grippe : fièvre, fatigue, troubles digestifs, etc. De plus, comme le remarque le professeur Gilles Salles, « malgré ces traitements, l’évolution est inéluctable vers une transformation de la LMC en leucémie aiguë ».
- La greffe
Autre type de traitement : l’allogreffe, sachant toutes les complications que cela peut engendrer (cf. les traitements de la LLC / la greffe).
- Les thérapeutiques ciblées
Reste que la LMC est une forme de leucémie bien particulière puisque depuis plusieurs années déjà, son mécanisme d’action est bien connu. Les chercheurs ont ainsi pu mettre au point une thérapeutique ciblée efficace. Ce médicament est un inhibiteur de la tyrosine kinase : il empêche l'action de la tyrosine-kinase, une enzyme qui contrôle le développement et la mort des cellules du chromosome Philadelphie. « Cela a totalement modifié la prise en charge de la LMC, s’enthousiasme Gilles Salles. Le traitement est plus efficace que les interférons et il est aussi mieux toléré puisqu’il s’agit d’une prise orale qui n’entraîne pas d’effets secondaires notables. Rarement, on constate des problèmes digestifs ou une prise de poids ».
Quoi qu’il en soit, cette thérapeutique ciblée ralentit considérablement la prolifération des cellules malignes même si on ne peut pas encore parler d’éradication définitive, les médecins manquant de recul sur ce nouveau traitement. Mais Gilles Salles se montre confiant : « C’est un domaine où les avancées thérapeutiques sont encore nombreuses. Déjà l’association inhibiteur de la tyrosine kinase et interféron semble prometteuse. »