Comment expliquer à un enfant que son papa ou sa maman souffre d’un cancer ? Quels mots trouver pour ne pas le traumatiser ? Faut-il réellement tout lui dire ? Autant de questions qui vous tourmentent sans que vous parveniez à trouver les bonnes réponses. Pourtant, l’enfant attend de ses parents qu’ils lui fournissent des explications. Non seulement le malade doit parler à l’enfant mais l’autre parent, dans l’idéal, doit également être présent. A deux, il est souvent plus facile de trouver les mots justes.
La peur du non-dit
La pire des choses à faire est certainement de se taire. En effet, le jour où l’enfant apprend que ses parents lui ont menti, l’image parentale s’effondre. La confiance qu’il porte à ses parents disparaît, et par ricochet, il perd confiance en lui. Le silence va également accroître son angoisse. Il va en effet très vite prendre conscience du changement d’atmosphère et que l’organisation familiale n’est plus la même. Mais il n’en connaît pas la raison... En ne sachant rien, l’enfant risque d’imaginer plein de choses, souvent pires que la réalité.
Dire la vérité avec des mots « gentils »
Dans l’absolu, le mieux est donc de parler le plus tôt possible de la maladie à ses enfants. Certes, vous avez besoin de temps pour accepter vous-même le diagnostic. Mais dès la première hospitalisation, il est important que vos enfants soient au courant. Il ne s’agit pas de leur asséner une vérité brutale et vide de sens pour eux. Mieux vaut y aller progressivement en leur expliquant que maman ou papa est malade, qu’elle ou il va être très fatigué pendant un moment, mais qu’elle ou il se soigne. De même n’ayez pas peur de prononcer le mot cancer. Pour un enfant, ce n’est qu’un mot qu’il ne comprend pas bien au début mais qu’on lui explique. En fait, l’idéal est de lui dire la vérité, avec des mots gentils. Autant y aller doucement, sans forcément entrer dans le détail dès la première conversation.
Répondre à ses questions
Après une phase de réflexion, votre enfant se mettra petit à petit à poser des questions sur la maladie, mais surtout sur la mort. Les plus jeunes posent parfois des questions abruptes : « Est-ce que papa va mourir ? ». A un âge plus avancé ils voudront comprendre des bouts de phrases entendus par hasard : « le médecin dit qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps ! ». N’essayez pas de confirmer ni d’infirmer ces dires. Expliquez-lui simplement que son papa ou sa maman reçoit les traitements nécessaires. Il doit aussi savoir qu’il n’existe pas de vérité absolue et que chaque individu combat la maladie avec ses propres moyens. Vous ne lui éviterez pas le choc, mais en dialoguant, vous démystifiez la maladie et la mort.
Faites appel également à l’enseignant pour vous aider. Il est en contact toute la journée avec ses élèves et pourrait être sollicité par votre enfant pour avoir des explications sur la maladie.
L’adolescence, un âge difficile
Face à des adolescents, il est encore plus difficile de parler. A cet âge, les réactions peuvent être extrêmes. Ils peuvent refuser de parler de la maladie avec vous. Ne vous en offusquez pas, c’est aussi une réaction de protection. Essayez en revanche d’être attentif au fait que votre fils ou fille ait quelqu’un à qui parler, que ce soit un autre membre de la famille ou un ami. L’important est d’éviter l’isolement et le repli.