
![]()
Lettres de la proximologie
2007
Â
Depuis 2002, la Lettre de la Proximologie a fait un point sur une thématique en relation avec l’entourage des personnes malades. Elle présente des synthèses de publications, différentes initiatives de terrain et un point sur l’actualité des aidants informels.
Nous vous proposons l’intégralité des Lettres de la Proximologie en accès gratuit et en ligne.
Il y a quelques mois, Toronto, la capitale de l’Ontario au Canada, accueillait les spécialistes de l’aide informelle, à l’occasion du FICCDAT ou « Festival of International Conferences on Caregiving, Disability, Aging and Technology ». Les travaux de ces experts, originaires de 35 pays, ont permis à plus d’un millier de congressistes de faire le point sur la situation de l'entourage des personnes malades ou dépendantes à travers le monde. Une occasion unique pour constater que de Bangkok à Auckland, de Stockholm à Pretoria, la cause des aidants familiaux progresse, mais à des rythmes différents. Vis-à -vis de la précédente conférence internationale de Washington (2002), dont la lettre de proximologie s’était fait l’écho (N°7), de nouvelles thématiques ont émergé et méritent d’être signalées : la place des proches dans les pays en voie de développement, l’enjeu de la prise en charge des mineurs qui vivent auprès d’un parent malade, le rôle que jouent les entreprises dans l’accompagnement de leurs salariés aidants. Des interviews des principaux responsables des associations nationales au service des aidants américains, australiens et britanniques complètent ce tour d’horizon. Il est aussi intéressant de constater que la réflexion internationale sur le « Care » (page 10) dépasse les enjeux des revendications politiques ou de services rendus aux aidants pour nourrir une réflexion de fond sur les systèmes de pensée structurant notre vie en société. Bonne lecture et bonne année 2008 !
 Qui connaît aujourd’hui le dyazote ? Il s’agit pourtant du composant essentiel (78 %) de l’air que nous respirons. Sans lui, la vie ne serait tout simplement pas possible… A sa façon, l’aidant familial se trouve aujourd’hui dans une position similaire : notoirement méconnu mais indispensable aux conditions du « vivre ensemble ». Le scanner proposé par l’étude Admire sur le traitement médiatique de l’aidant constitue un témoignage significatif de cette invisibilité sociale. Toutefois, les choses semblent progressivement évoluer. Alors que cette reconnaissance peine à venir au plan politique et institutionnel, l’aidant la conquiert de plus en plus en tant que «client». Ainsi les nouvelles dispositions du Plan Borloo sur les services à la personne lui donnent l’occasion de se révéler en tant que consommateur. A ce titre, c’est donc en tant que «marché» et cible publicitaire que l’aidant pourrait davantage exister dans les médias demain.
Par leurs dimensions morbide, temporelle et imaginaire, les situations qui mènent au prélèvement ou à la transplantation d'organes impriment une marque particulière aux relations humaines qui s'y nouent. A toutes les étapes de ce formidable défi médical, la place et le rôle de l'entourage familial s'avèrent déterminants. Souvent, la transplantation arrive en phase terminale d'un processus pathologique qui a déjà laissé son empreinte sur l'univers relationnel de la personne malade avec ses proches. Qu'elle soit vécue par les uns ou les autres comme une "délivrance", ou comme une "peur", la transplantation appelle une série d'ajustements relationnels. Son enjeu dépasse de loin la technicité biomédicale pour considérer le patient dans son environnement familial et affectif et s'interroger sur les accompagnements nécessaires à son succès.
Â
